Idée reçue n°5…

 

Nous avons assisté dernièrement à beaucoup de débats enflammés concernant l’intérêt ou non de la mise à l’écart de l’enfant, autrement appelé le « time-out ». En réalité, la science nous apporte une nuance importante au sujet de l’efficacité du time out.

A l’origine le time-out a été proposé dans le cadre d’un programme bien précis (le PEHP, Programme d’Entrainement aux Habiletés Parentales) pour aider les parents dont les enfants présentaient des troubles du comportement (oppositions, provocations, agressivité), avec une mise en place bien protocolée. Les études menées dans ce contexte ont effectivement prouvé l’efficacité du time-out pour permettre à l’enfant de revenir au calme et de retrouver du bien-être après une crise.

Mais il s’agit là d’un contexte particulier, avec des enfants présentant de véritables troubles de l’opposition (et les scientifiques me confirment bien dans l’oreillette que refuser de prêter ses jouets ou de manger ses bâtonnets de poisson ne constitue pas un trouble de l’opposition).

En dehors de ce contexte bien spécifique, et pour les enfants sans difficulté particulière, le time-out est à classer dans la catégorie des stratégies répressives (au même titre que les punitions et les violences physiques) qui selon les dernières recherches en psychologie scientifique se révèlent peu efficaces voir délétères au développement de nos chers petits.

punition - jessica rambure

 

 

Nous parents, ressentons parfois un stress intense lorsque nous sommes dépassés par les réactions de nos enfants. Nous ne savons plus comment obtenir de nos enfants le comportement souhaité et notre organisme sous tension nous commande alors de trouver une solution pour retrouver le calme au plus vite. Le time-out peut alors nous apparaitre comme la solution qui va répondre à ces deux besoins.

Mais quel est l’apport éducatif réel de cette stratégie ? On peut dire qu’il est nul, et même plutôt que d’apport, on peut parler d’impact sur l’enfant. D’abord sur son estime de lui-même (j’ai fait une bêtise, je ne suis pas digne de rester au sein du groupe), par l’humiliation vécue d’être isolé du reste du groupe et perçu comme l’élément malveillant, et par l’insécurité affective ressentie (je suis puni en étant privé de mes figures d’attachement).

Bref, pas terrible…

N’oublions pas que nos enfants ne sont pas animés de la volonté de nous embêter ! Il y a certes un comportement répréhensible, mais il y aussi et surtout une émotion à prendre en compte à ce moment-là, et l’acte d’isoler l’enfant après une crise ou une bêtise revient tout simplement à nier ces émotions.

 

Ok, mais qu’est-ce qu’on fait alors ?

Plutôt que d’isoler l’enfant qui se trouve déjà sous stress et probablement en insécurité émotionnelle, il sera plutôt recommandé de privilégier l’une des deux stratégies suivantes à choisir en fonction de la situation qui se présente.

💡 Le « time-out du parent » où c’est lui-même qui prend l’initiative de s’isoler de son enfant pour éviter une escalade verbale ou une éventuelle violence. L’intérêt de cette option est de se donner l’opportunité de reprendre le contrôle de soi-même tout en préservant la sécurité affective de son enfant. On lui signifie que l’on a besoin de s’isoler car on se sent très stressé et que l’on reviendra ensuite, en s’assurant au préalable que l’environnement de la maison soit suffisamment sécure pour pouvoir l’y laisser quelques minutes (si on est seul(e)pour le gérer). Si ce n’est pas le cas, on peut très bien le confier à la surveillance d’une autre personne le temps de s’isoler pour retrouver son calme.

💡 Le « time-in » où le parent ET l’enfant s’isolent du reste du groupe, de préférence dans une autre pièce. Cette option n’est pas une punition et ne doit pas être perçue comme telle par l’enfant. C’est une manière de régler le problème à l’écart et en se recentrant sur l’enfant. Cela permet de l’accompagner à revenir au calme, en lui permettant d’abord de se décharger complètement si besoin ou en lui offrant un réconfort physique. Puis une fois la tension redescendue, de verbaliser ce qu’il s’est passé pour lui et les émotions qu’il a traversées.

Ainsi, on ne remet pas en cause la nécessité de « coupure » qui est parfois indispensable pour retrouver le calme, mais bien LA FACON dont cette coupure est opérée.

En ce sens, l’apport très concret des deux stratégies proposées ci-dessus, est que la sécurité affective de l’enfant sera préservée, il se sentira entendu, considéré et accepté malgré ce qu’il vient de traverser, et il sera par voie de conséquence beaucoup plus disposé à réfléchir ensuite à la portée de ses actes. Parents et enfants ressortent ainsi gagnants de cette situation !

 

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